René Kuder (1882-1962) et sa peinture monumentale du Credo

René Kuder naît à Villé le 23 novembre 1882. Il fait ses études d’art décoratif à la Kunstgewerbeschule de Strasbourg puis à la Kunstakademie de Munich. Il y décroche la grande médaille d’argent, en reconnaissance de sa compétence artistique, puis revient s’installer à Villé.

A partir de 1920, il réalise de nombreuses oeuvres picturales dans les églises d’Alsace. Il acquiert rapidement une renommée nationale en France et dans toute la Bavière. C’est tout naturellement que le chanoine Tschirhart, curé de Cernay fait appel à lui en 1930 pour décorer l’église de Cernay reconstruite dans l’immédiat après-guerre.

René Kuder a représenté le CREDO (le symbole des apôtres qui affirme la foi de l’Eglise) en 10 tableaux peints à même le mur, de chaque côté de la nef de l’église Saint Etienne de Cernay.
Chaque tableau présente une des 10 affirmations de foi sous forme d’un triptyque : de part et d’autre, deux personnages liés à l’affirmation de foi.
Il s’agit sans doute de son œuvre la plus célèbre et la plus aboutie. Réalisée entre début mai 1930 et le 22 novembre 1930, elle est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 23 décembre 2002 sous la référence PA 68000035. En 2014, les archives paroissiales révélèrent que deux panneaux supplémentaires de Kuder, aujourd’hui disparus, complétaient l’iconographie. Ils représentaient, le premier : Saint Etienne patron de l’église; le second : Saint Abdon et Saint Sennen patrons de la ville.

Les scènes déroulant le CREDO, sont empreintes d’une grande douceur et d’une étonnante sensibilité. Le chanoine Tschirhart en décrivait ainsi les conditions de création artistique (1):

« Tout d’abord, il faisait une esquisse à grands traits au charbon; puis il opérait par coups de pinceau successifs jusqu’à ce qu’apparaissent les scènes que vous pouvez admirer aujourd’hui, sorties comme par magie du néant. Pendant les offices de semaine, il restait comme en introspection, perché sur son échafaudage. Puis quand il se retrouvait seul, il entonnait les Lamentations, la Préface ou le Notre Père. L’enthousiasme le prenait et l’inspiration lui venait. Parfois, quand l’esprit créatif lui faisait défaut, il partait en promenade pour se ressourcer. Il ne travaillait que pour l’amour de l’art et pour louer Dieu. »

les deux tableaux disparus de Kuder      Explications détaillées des 10 tableaux du Credo

(1) source : Etwas Geschichte der Pfarrei Sennheim – C. Tschirhart – Imprimerie ALSATIA Thann 1946 – (Die Wandmalerei page 64)