René Kuder : les deux tableaux disparus

Deux tableaux de René Kuder peints en 1930 dans le transept n’ont pas survécu aux dommages de la guerre de 1939-1945. Ils représentaient
– les deux saints patrons de la Ville de Cernay, saints Abdon et Sennen
– le martyre de saint Etienne, patron de la paroisse.
La commande passée à René Kuder par le chanoine Tschirhart citait expressément la réalisation de ces deux oeuvres (*1).
Il subsiste des photographies de 1930 des deux tableaux. Un projet de restitution de ces deux œuvres est à l’étude. Des sponsors seraient les bienvenus.
(*1) Source : commande du 13 novembre 1929 :  » on n’oubliera pas une scène rappelant St. Etienne d’une part et les patrons Abdon et Sennen d’autre part « .

SAINTS ABDON ET SENNEN PATRONS DE LA VILLE, PRIEZ POUR NOUS
Saints Abdon et Sennen sont les patrons de la ville de Cernay. Les écrits ne nous rapportent pas la raison de ce choix par les édiles de la ville. On ne peut que constater la similitude avec l’appellation vernaculaire de Cernay aux siècles passés, mais sans s’autoriser à y trouver un fondement historique.
Il est probable que ce choix remonte au XVII ème siècle, car en 1618, on redécouvrit leur tombe et ce fait eut un immense retentissement sur leur renommée. On note par exemple un enfant de Cernay baptisé « Abdon-Sennen » fils de Henri Armspach en 1743.
Saints Abdon et Sennen étaient deux princes perses qui subirent le martyre par décapitation sous le règne de l’empereur Dèce vers l’an 253. La légende dorée rapporte que leurs reliques furent transportées à Arles sur Tech vers l’an mil par le prieur du lieu qui cherchait à débarrasser la région des simiots, monstres mi-bête, mi-démon. C’est donc bien un simiot qui apparait couché au pieds des saints Abdon et Sennen.
L’église de Cernay de 1754 comportait déjà un tableau des saints Abdon et Sennen placé en haut du maître-autel (*2).
(*2) Source : Cernay son passé son présent par Joseph Depierre, page 112 (1907)

SAINT ETIENNE PATRON DE L’EGLISE, PRIEZ POUR NOUS
Comme à son habitude, René Kuder intègre dans sa peinture tous les éléments  bibliques ou évangéliques relatifs au thème traité.
Le diacre Etienne fut le premier martyr de la chrétienté. Convoqué devant le Sanhédrin pour quadruple blasphème, il exaspère ses juges par une rhétorique implacable, au point qu’il est traîné hors des murs de Jérusalem, où il fut lapidé. René Kuder met en scène un des assaillants qui, dans un geste d’une extrême violence, vient de rejeter au loin son manteau pour mieux pouvoir asséner les pierres sur le diacre Etienne.
Dans les Evangiles, les Actes (7, 54-60) rapportent en effet, que les meurtriers s’étaient débarrassés de leurs vêtements avant de lapider Etienne et qu’ils en avaient confié la garde à Saül (le futur apôtre Paul). Il est écrit que Saül avait approuvé cette lapidation. On devine aussi la déchirure verticale des cieux derrière Etienne, déchirure qui semble venir lui conférer l’auréole de sainteté. En effet, Etienne avait dit « voici que je contemple les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu »