Le calvaire couvert du Schächer à Uffholtz

L'existence de ce calvaire est attesté dès 1642 par la mention "bei dem Schecher" (près du calvaire du Schächer) qui figure dans un acte de cession. En effet, l'acte concerne un Wattwillerois qui échangea son champ situé près du Schächer contre deux chèvres (1).

Le terme "Schächer" en allemand désigne le larron. Par extension, il désigne aussi les calvaires présentant le Christ en croix entouré des deux larrons.
"Schächerkreuz" désigne d'ailleurs les croix telles qu'on représentait traditionnellement celles des deux larrons, à savoir une croix en forme de Y (2).
En 1784, un peintre de Soultz, Maurice Neysser, spécialiste des chemins de croix, avait mis le Schächer en peinture. Le Christ du Schächer d'Uffholtz survécut à la Révolution et fut placé dans une petite chapelle votive en 1813 (1).

Cette chapelle est due au major Jean Foersch, un grognard habitant d'Uffholtz, qui avait fait le voeu d'édifier une chapelle s'il revenait sain et sauf de la bataille d'Austerlitz (1805). Il tomba néanmoins à la Bérézina (1812) et ce sont ses descendants qui accomplirent son voeu. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, des malades venaient au Schächer en pèlerinage et en guise d'ex-voto, ils accrochaient des formes en bois représentant le membre mutilé ou guéri. (3)

Aujourd'hui, la croix du Christ, n'est plus accompagnée des croix des deux larrons et sur le fond du calvaire, un peintre a fait une représentation imagée de Jérusalem.

Le calvaire du Schächer se situe au croisement de la rue de Soultz et de la rue des Jardins.

(1) source : A propos d'un toponyme : Im Guten Haus am Schächer à Uffholtz - Denis Ingold - 2011
(2) source : Konversationslexikon - Brockhaus - 1898
(3) source : Itinérance sur le sentier des oratoires - Office de Tourisme et Syndicat d'Initiative de Cernay et de la région du Vieil-Armand - 1998 - Tharcise Meyer