Saint-Antoine sur une pierre d'angle à Uffholtz  

Une représentation de Saint Antoine en haut-relief est visible à l'angle du bâtiment des sapeurs-pompiers d'Uffholtz à la hauteur du n°4 rue des écoles.
L'idée en revient à Tharcise Meyer. Yves Ruhlmann en fit le dessin et le sculpteur René Girardin du Val-d'Ajol lui donna vie sous forme d'une pierre d'angle.

Cette pierre est remarquable par la densité des messages que sa riche composition iconographique nous révèle (1):

Saint Antoine est accompagné d'un âne (rappelant le sobriquet dont on affublait jadis les habitants d'Uffholtz (Üffholtzer Esel)). On remarquera que l'âne a une fleur à la bouche, ce qui signifie que les habitants sont toujours heureux malgré la réputation, infondée, de l'âne qui serait un animal dévalorisant. Le Christ n'avait-il pas choisi un âne pour monter à Jérusalem?
Saint Antoine tient dans sa main gauche un rouleau pour rappeler qu'il y avait à cet endroit le bureau de poste qui transmettait les messages et pour évoquer aussi la règle des moines puisque saint Antoine est le "père des moines d'occident".
Dans sa main droite Saint Antoine tient la crosse abbatiale en forme de tau. Les clochettes accrochées à la crosse et le petit cochon qui pointe le bout de son groin derrière Saint Antoine rappellent que l'ordre des Antonins fondé en Dauphiné en 1095, bénéficiait du droit de laisser errer librement ses porcs dans les rues, à condition qu'ils portent une clochette comme signe de reconnaissance.



Sur l'autre face de la pierre figurent les symboles de la vie du village :
- les armes d'Uffholtz (d'azur au lion d'argent),
- la crosse d'évêque de Saint Erasme patron d'Uffholtz (le bas torsadé de la crosse évoque le martyre du Saint qui périt éviscéré; sur la crosse encore les lettres entrelacées A et M pour Ave Maria),
- la tour où Sainte Barbe, patronne des sapeurs-pompiers,s'était réfugiée avant que son père n'y eut mis le feu (on remarque les flammes au pied de la tour, qui rappellent aussi le feu de Saint-Elme dont souffraient les malades soignés par les Antonins),
- une serpette qui symbolise le travail artisanal et rural,
- et enfin, un raisin de la vigne locale.

Tharcise Meyer offrit cette pierre angulaire à la commune à la fin de l'an 2000 (et en effet le troisième 0 est figuré plus petit pour cette raison).

Plus subliminale encore, l'évocation du martyre de Saint Tharcisius par les trois petits cailloux pointus mis au jour par le petit cochon. Saint Tharcisius fut en effet lapidé.

(1) source : Tharcise Meyer, concepteur et donateur