Historique de l’église Saint-Etienne de Cernay

L’existence d’un village dénommé Sennenheim est attestée dans une charte de fondation du monastère de Feldbach datant de 1144 (*1).

On admet qu’il existait déjà une église en 1188, car la paroisse de Cernay fit cette année là, entourer son cimetière par un mur. C’est le premier cimetière d’Alsace qu’on sait avoir été fortifié à l’initiative de ses habitants (*2).

Dans une charte du 15 janvier 1271, Cernay (Senneheim) est qualifié d’oppidum (ville fortifiée).
En 1377, la ville fut entièrement détruite par les Anglais, mais on ignore si l’église échappa aux flammes.
En 1394, la paroisse de Cernay est répertoriée dans le Liber marcarum comme dépendant de l’Evêché de Bâle (*3).
En 1428, le clocher a été reconstruit dans un style semblable au clocher de Vieux-Thann encore visible aujourd’hui, qui est en fait une copie de celui de Cernay.

la “première” église :
En 1752/1754 on sait qu’elle fut profondément remaniée et élargie.
Elle était alors orientée chœur vers l’Est.
En 1793, l’église devint Temple de la Raison, puis transformée en magasin de fourrage en juillet 1794. La loi de prairial de l’an III permit de rendre à l’église son affectation au culte.
De nouvelles cloches vinrent remplacer celles qui avaient été réquisitionnées.
En 1846, 24h après avoir été doté d’une toute nouvelle horloge, le clocher partit en flammes. Il fut reconstruit en 1850.

la “deuxième” église :

En 1891, l’église déjà placée sous le vocable de Saint-Etienne, trop petite pour une population de près de 4500 habitants, fut démolie et rebâtie l’année suivante.
La guerre de 1914-18 causa des dommages importants : le clocher s’était effondré et la nef était en ruine.

la “troisième” église :
Le 9 juin 1924, on posa enfin la première pierre de la nouvelle église sous la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Elle fut consacrée le 26 décembre 1925, le jour de la Saint-Etienne.
“enfin, il doit être connu de tous, que l’église dans son aboutissement actuel aura couté 3 millions de francs” (valeur 1938) (*1).

 

Sur la photo ci-contre on reconnait encore le plan carré de la ville médiévale, avec au Nord-Ouest la porte de Thann.

(*1) source : Etwas Geschichte der Pfarrei Sennheim – C. Tschirhart – Imprimerie ALSATIA Thann 1946
(*2) source : répertoire critique des sites fortifiés de l’Ancienne Alsace du 10ème siècle à la guerre de Trente ans – ALSATIA MUNITA-Bernhard METZ 
(*3) source : Cernay, son passé, son présent – Joseph Dépierre – 1907